Le petite prince cannibale de Françoise Lefèvre J'ai repris ce livre que je n'avais pas su lire quand je l'ai eu...il m'attendait sur l'etagère de la chambre que j'avais chez ma
mère.
Et je ne suis pas déçue du tout de l'avoir réouvert il y a deux jours.
Il est magnifique, plein de poésie,plein d'amour, de nature et d'air frais.
Une mère et son enfant autiste... où pourrais-je me retrouver là dedans? Je n'ai jamais eu de contact avec un enfant autiste.
Et pourtant je me reconnais presque à chaque nouvelle page...
Ce livre ne conte pas seulement l'amour d'un mère pour son enfant autiste mais également l'amour d'une mère pour son enfant, l'amour d'une mère, l'amour d'un femme, l'amour tout court!
Dès les premières pages l'auteure nous emporte dans un tourbillon de poèsie dont on a plus du tout envie de sortir même si nos entrailles en prennent un coup...
Un petit extrait:(celui là car Nona ne parle toujours pas à 3ans,quoique les mots reviennent peu à peu en ce moment)
"On dirait que tout amour est fait pour être brisé un jour ou l'autre. Tu touches mes lèvres pour que je chante encore. Tu me tends les bras
pour que je te porte. Tu deviens lourd. Mais je trouve de la force dans cet amour que nous avons noué ensemble. Colchiques dans les près. Je t'aime. Je t'aime.
Je sais que tu m'entends. Tu m'ecoutes. L'audiogramme que tu as subi révèle que tu entends parfaitement. Alors où vont les mots que je te murmure? Je suis certaine qu'ils s'amoncellent quelque
part. Tu me les restituras un jour comme ces enfants sur les plages qui rapportent des tresors de coquillages et de petits morceaux de verre multicolores polis par la mer. Le langage, ce n'est pas
seulement les mots. Cela ne me derange pas que tu ne parles pas. Ce sont les autres qui te montrent du doigt. Nous sommes à une epoque d'incessants bavardages, de steriles jacasseries. Dès le
jardin d'enfants, la pression est très forte. Un enfant qui parle tôt , au regard des gens et des institutions, est intelligent.
Un enfant qui se tait indispose. La force du silence impressionne. Personne jusqu'à present n'a eu veritablement envie d'entrer dans ton silence. Eux non plus ne veulent pas remettre en question
leur mode de communication. Ils veulent que tu parles, que tu répètes leurs âneries. Ton mutisme les derande mais plus encore ton obstination à te retenir de parler."